Il règne sur ce dossier une parfaire confusion,
tant du côté des moniteurs de plongée
et patrons de centre, que parfois de celui de ladministration
maritime. La plus flagrante consiste à confondre larmement
du bateau (son «statut»), avec le statut social
de léquipage. Il sagit de deux éléments
très distincts, même sils sont parfois
liés, et fréquemment, lorsquun centre
a résolu le problème de larmement de son
bateau, il pense que celui de son équipage va suivre
... et ladministration maritime est souvent dun
autre avis. Cette dernière fait également une
confusion entre les activités professionnelles maritimes,
et les activités professionnelles tout court dun
centre de plongée ...
Si lon rajoute à ce dossier que ladministration
maritime cherche à «renflouer» son système
de protection sociale autonome (ENIM) mis en difficulté
par la désaffection des métiers de marins, que
les textes maritimes ne sont pas toujours récents et
en phase avec les évolutions, et que cette administration
possède un pouvoir de dérogation locale très
fort, tout concorde à créer un climat dincompréhension
et de tension.
Lanmp travaille activement depuis de nombreuses
années sur ce dossier et cherche des solutions cohérentes.
Une de ses actions a consisté en la réalisation
dun dossier complet sur cette problématique (voir
«rapport de synthèse
bateaux») ; ce document, acté par le Comité
Consultatif de l'Enseignement de la Plongée, est devenu
une référence pour de nombreux acteurs de la
plongée et les administrations. Bon nombre de moniteurs
sen servent dans leurs négociations avec ladministration
maritime et y puisent des argumentaires pour défendre
leur position.
Une instruction a été diffusée à
partir du 3 août 2006 à lensemble des services
déconcentrés des 2 ministères signataires.
Elle est "destinée à préciser les
modalités dapplication des textes législatifs
et réglementaires actuellement en vigueur et de répondre
aux principales questions émanant des services déconcentrés,
afin de "faciliter leur travail de mise en uvre
et de contrôle". Elle est applicable uniquement
aux navires ayant une longueur inférieure à
24 mètres.
Les adhérents peuvent lire l'article à ce sujet
dans la tribune de l'ANMP N°11 (voir dans le secteur codé),
vous pouvez télécharger le texte officiel en
cliquant sur le lien suivant :
instruction bateaux
Les
règles particulières de la navigation
plongée
Au port et durant les opérations de navigation,
rien ne différencie un bateau de plongée dun
autre type dembarcation ; lensemble des règles
maritimes sappliquent à ces navires à
lidentique de tous les autres.
Sur le site de plongée, lorsque les plongeurs
sont immergés, il faut pouvoir signaler aux autres
embarcations quil y a un danger à pénétrer
dans un paramètre sensible autour du navire de plongée
:
- de jour : le pavillon A (blanc/bleu) du code international
des signaux maritime est alors hissé ; dun mètre
sur un mètre minimum, il doit être rigide et
visible de tous les points de lhorizon ; pour les navires
de moins de 7m, on tolère quil ne mesure que
0,50 m sur 0,50 m et soit flottant.
- de nuit les codes lumineux de navire à capacité
de manuvre restreinte sont allumés (rouge/blanc
rouge superposés), ce qui produit le même effet
que le pavillon A.
- Si le navire est mouillé pendant la plongée,
de jour, la boule de mouillage est également hissée
; de nuit ce sera un feux blanc.
En plus de larmement classique du navire qui
est fixé par ladministration maritime en fonction
de la catégorie de navigation autorisée, les
règles de sécurité spécifiques
de la plongée à lair (art. 8 de larrêté
du 22 juin 1998) et celles de la plongée aux mélanges
(art. 26 & 27 de larrêté
du 9 juillet 2004) imposent la présence sur le
site, donc sur le navire, dune liste de matériels
spécifiques.
Lorganisation des secours en mer est gérée
par les services de ladministration maritime des C.R.O.S.
; en cas daccident de plongée, cest donc
eux quil faut contacter et qui géreront lorganisation
de secours. Ce serait une infraction aux règles maritimes
que de contacter directement les secours à terre.
Un décret dapplication de la loi sur le
sport (art.7 du décret du
03 septembre 1993) , fixe lobligation de détenir
sur le site de pratique une trousse de secours adaptée
à lactivité et un moyen de communication
permettant dalerter rapidement les secours ; sur un
navire, et aux vues des règles dorganisation
des secours en mer, la VHF semble être la seule réponse
cohérente, dautant quelle élargit
le champ des communication maritimes en permettant dutiliser
les relais de lensemble des stations en veille en mer
et à terre.
L'armement
du bateau
Cest une étape particulièrement délicate
pour le moniteur professionnel qui créée son
activité en étant propriétaire, donc
armateur, de son navire. De la logique adoptée, vont
dépendre bon nombre de droits et obligations, ainsi
que des avantages et inconvénients dans le quotidien
de lexercice professionnel.
Le principe général veut que pour tous
les bateaux battant pavillon français (acte de francisation),
un statut soit octroyé, en fonction de lactivité
et des personnes embarquées. Il existe quatre grands
statuts (plaisance, passagers, pêche et charge) ; pour
chacun dentre eux, ladministration maritime utilise
des règles et des approches différentes qui
lui permettent de déterminer la navigabilité
du navire (Permis et certificat de franc-bord), les catégories
de navigation, les équipements et matériels
de sécurité à embarquer (larmement)
et de définir les conditions de contrôle (les
visites).
Souvent les navire de plongée sont classés
sous le statut de Plaisance, soit en «navire à
usage personnel» comme tout plaisancier privé,
soit en «navire de formation», un statut professionnel
plus adapté aux activités dun centre de
plongée. Laccès à ce dernier statut
est parfaitement prévu par la législation (décret
du 26 sept. 1996), mais il est encore fréquemment
remis en cause par certaines autorités locales maritimes,
et il faut argumenter pour faire valoir ses droits.
Le navire de plongée dun centre professionnel
peut également opter pour un statut de «navire
de charge», dans la catégorie des «navires
spéciaux» ; cette dernière considère
que les plongeurs sont des «marchandises» un peu
spéciales (des «personnels spéciaux»)
et nimposent pas les normes draconiennes habituellement
fixées aux «navires à passagers».
Ce statut est toutefois plus lourd que celui de la plaisance
et nest pas accessible aux embarcations de petite taille
(inf. à 12 m) et non pontées (type semi-rigide
par ex.). Parfois, les autorités locales maritimes
tentent dimposer ce statut, et il faut argumenter pour
en obtenir un autre.
Tous les détails sur ce dossier et les argumentaires
à développer sont disponibles dans le «rapport
de synthèse bateaux».
Le
statut de l'équipage
Lenjeu du statut de léquipage est
clair : il sagit de définir les besoins (équipage
minimum), la qualification (titres et permis) et les obligations
sociales (régimes de cotisations). Même si toutes
ces contraintes touchent lemployeur (larmateur
dans le domaine maritime), elles ne sont pas sans effet sur
le quotidien du salarié et laccès aux
fonctions.
Sur le principe, il existe trois options sociales pour
léquipage du navire dun centre de plongée
professionnel, souvent réduit dailleurs à
une personne qui pilote, et un ou plusieurs moniteurs de plongée
:
- soit le régime Sécurité Sociale pour
tout le monde, ce qui fait des personnels des salariés
classiques dits «au régime général».
- soit le régime maritime pour tout le monde, ce qui
en fait des «marins embarqués» qui cotisent
à lE.N.I.M., la caisse sociale des Gens de Mer,
au lieu de la Sécurité Sociale.
- soit le régime maritime pour le pilote, et le régime
général pour les moniteurs de plongée,
un compromis parfois adopté sur les grosses unités
de navigation en plongée.
Deux logiques saffrontent au sein de ladministration
maritime, et cela génère de nombreux conflits
et contestations, car la décision est lourde de conséquences
pour lemployeur :
- lune voudrait que tous les navires armés par
des centres professionnels se voient imposer dopter
pour le régime maritime, et appliquent donc lensemble
des contraintes inhérentes à ce statut.
- lautre tendrait à laisser le choix, soit de
maintenir tout le personnel au régime général,
soit de ne mettre que le pilote sous le régime maritime.
Tous les détails sur ce dossier et les enjeux du
choix de statut de léquipage sont développés
dans le «rapport
de synthèse bateaux».